jueves, 17 de mayo de 2012

Le voleur de Morphine, en Direction-Fiction

Le voleur de morphine de Mario Cuenca Sandoval Marie-Thérèse Quel drôle de livre ! Plusieurs facteurs concourent à le rendre mystérieux. La couverture est étrange : nous sommes en position de cible par rapport aux canons des tanks. Il y a deux pages de titres : l'une en anglais avec comme auteur "S.K. Caplan" et la mention d'un éditeur new-yorkais, l'autre en français avec comme auteur "Mario Cuenca Sandoval" et la mention "traduit de l'espagnol". On commence la lecture par un avertissement de Mario Cuenca Sandoval qui signale que Le voleur de morphine est un roman de Samuel Kurt Caplan, un américain. Et puis on est embarqué dans le roman. Un histoire qui met en scène différents personnages sur fond de guerre, il s'agit de la guerre de Corée. Comme tout roman sur la guerre, celui-ci traite inévitablement de l'horreur, de l'amitié entre soldats pour la contrer et de la compassion insensée des civils envers l'ennemi. Le soldat Bentley est parachuté en Corée. Il se lie d'amitié avec le soldat Wilson Reyes, un Colombien engagé dans l'armée américaine. Reyes initie Bentley à la marijuana : la guerre deviendrait presque supportable... Reyes est porté disparu, Bentley est en manque de son amitié : pour le retrouver il s'adresse au lieutenant Caplan. Tiens "Caplan" ça nous dit quelque chose ! Le prénom du lieutenant est Qwerty : ce sont les premières lettres du clavier anglo-saxon. Progressivement, on se rend compte que la guerre n'est pas le seul sujet de ce livre, l'autre sujet, c'est la création littéraire. La prouesse c'est de réussir à embarquer le lecteur vers ces territoires lointains sans que cela soit rébarbartif une seconde . On salue avec gratitude le travail de découverte de l'éditeur albigeois Passage du Nord-Ouest. Et on attend avec impatience une nouvelle traduction d'un livre de ce génial Cuenca Sandoval.

martes, 21 de febrero de 2012

Le Voleur de Morphine en el diario Le Temps


Les fracas de la guerre de Corée dans le roman halluciné d’un jeune auteur espagnol

Par Par Isabelle Rüf

Dans ce récit, présenté comme une traduction de l’américain, Mario
Cuenca Sandoval fait entendre et voir, avec des moyens littéraires
audacieux, l’insaisissable folie de tous les conflits armés


Genre: Roman

Réalisateurs: Mario Cuenca Sandoval

Titre: Le Voleur de morphine

Trad. de l’espagnol par Isabelle Gugnon

Studio: Passage du Nord-Ouest, 214 p.


L’auteur du Voleur de morphine , Samuel Kurt Caplan, est né à Jéricho, dans le Vermont, en 1921. Pionnier de l’art infographique, il créait des œuvres à l’aide des caractères latins, comme les pointillistes utilisaient les touches de couleur. On voit quelques-unes de ces images – char d’assaut, soldat sous le feu des bombes, figures asiatiques – dans son unique roman, paru en 1981, et aussi sur la page Facebook de l’artiste, pourtant décédé à Bogotá en 1997.


Histoire du manuscrit trouvé


Mario Cuenca Sandoval aurait traduit en espagnol ce Voleur de morphine , mais son nom figure à la place de l’auteur sur la couverture de la version française. Vous suivez? Le vieux procédé du manuscrit trouvé est toujours efficace, et ce n’est qu’un des pièges les plus visibles de cet ouvrage qui ne cesse de ménager des surprises poétiques et narratives, œuvre d’un professeur de philosophie à Cordoba, né en 1975.

Le Voleur de morphine est un livre sur la guerre, celle de Corée, mais aussi toutes les guerres. Un livre d’horreur, de poésie et de beauté, drôle parfois. Empli de fureur et de sons, qui, dès la première page, font musique. Le Maigre, une des trois figures qui traversent le récit de bout en bout, saute en parachute «comme un javelot fendant l’obscurité»: «Il lui semblait que cette constellation de bruits avait un sens intentionné, que c’était là une véritable musique, une partition dans laquelle les explosions jouaient les percussions.» Avant de s’enrôler, Bentley le Maigre était fermier dans le Vermont. Il a «une nature de rongeur», des rêves de ragondin, et lit la Bible «commes’il n’existait pas d’autre monde maudit que celui-ci». Il ne sait pas du tout ce qu’il est venu faire dans ce pays, grouillant de Jaunes, ces «faces de singes», ces Chinois, si éloignés des humains, tous pareils, sans cesse renouvelés, une marée infinie et disciplinée, obéissant à des slogans absurdes.


Monde flou

A ses côtés, toujours prêt à lui rouler un joint, Wilson Reyes, un géant colombien, un ange roux lecteur de Poe, qui demande à être enterré avec le petit recueil des nouvelles qu’il trimballe sous la mitraille. Pour lui, «les seules idéologies valables sont celles de la Chaleur et d Froid». Ils auront les deux, de la neige et des moustiques, de la fièvre et des frissons: «le pire de la guerre, c’était ses petites misères». Ces deux et leurs compagnons flottent dans un monde flou d’alcool et de drogue, où plus rien n’a réalité ni sens, sinon la puanteur, la douleur, et parfois un inconcevable bonheur. Le mort peut venir de partout, des fleurs les plus éclatantes, de l’eau, de l’air, des autres et des siens. Un jour, Wilson disparaît et son ami le cherche auprès du lieutenant Caplan, celui qui peut tout obtenir s’il le veut, Caplan, comme l’auteur supposé. Son prénom est Qwerty, selon les premières lettres du clavier derrière leque il campe à composer ses œuvres graphiques. C’est lui qui explique à Bentley l’origine du mot «morphine», qui vient de Morphée. Les soldats en ont un petit tube dans leur paquetage en cas de blessure grave. La quatrième figure de ce sombre jeu, c’est justement Han, le voleur de morphine, qui apparaîtra bien plus tard, furtif, tentant, séduisant, insaisissable. Wilson Reyes le rencontrera quand, blessé, il sera recueilli par un médecin coréen, le docteur Goh, soigné, caché. Le rapport entre le géant et la famille Goh, elle-même en porte-à-faux, petit îlot au milieu de la jungle communiste, est un des détours les plus étranges du roman.


Habile entrelacs


Le récit sinue, habile entrelacs d’identités brouillées, de répétitions et de décalages. Cuenca Sandoval varie les adresses – il, je, tu –, glisse des dialogues, se permet des incises, des flash-back, des digressions. Il est longuement question de Wilson Snowflake Bentley (1865-1931), qui consacra sa vie à essayer de photographier les flocons de neige dans leur infinie diversité. Un chapitre est consacré à Poe, Baudelaire et Nietzsche, mais ce détour s’intègre parfaitement dans un tissu composé de brefs fragments qui s’emboîtent avec une précision onirique. Le livre –on a envie de dire le film, tant les images et les sons sont prégnants – s’achève par une page de citations. Joseph Conrad, auquel on a pensé souvent au cours de la lecture; le cinéaste Terrence Malick; Marcel Proust selon qui «les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère». Celle de Mario Cuenca Sandoval a cette étrangéité.

lunes, 13 de febrero de 2012

Le Voleur de Morphine en el blog Le Clavier Canibale

Ça se passe en Corée,c’est-à-dire nulle part. La guerre fait rage et bien pire encore. Deux soldats– le géant colombien Wilson Reyes et son pote maigrichon Bentley – apprennentl’ennui et la survie en s’efforçant de ne pas trop salir leur âme. On est en53. On est surtout dans un roman fiévreux et incantatoire, qui, s’il rappellepar certains aspects le mythique Abattoir 5 de Vonnegut, opère sur le lecteurcomme une drogue indispensable. L’écriture de Sandoval a un petit quelque chosede vollmannien dans sa volonté ininterrompue de saturer le texte d’imagesinédites, stellaires, vibratiles, qui font appel à tous les sens et dérèglent l'imagination. Le rêve, l’illusion, la mélancolie se liguentpour travailler la pâte des phrases et nous entraîner avec elle dans uneimmersion totale. Fascination : telle est le maître mot de l’entreprise.
Sandoval ne lâche pas sonlecteur, il l’entraîne dans des méandres qu’il sait autant extérieursqu’intérieurs et, en conteur avisé, se livre à une stupéfiante cartographie dela guerre : ses attentes, ses trous noirs, ses frontières poreuses. Fortde son style à la fois simple et volcanique, patient et incandescent (unéquilibre pour le moins virtuose…), Sandoval peut dès lors nous baladerpartout, avec la désinvolture intimiste d’un Fresan, il peut nous donner enpâture les plus sombres ou les plus lumineuses couleuvres, il peut nous édifiersur un texte d’Edgar Poe, sur les origines cotonneuses des anesthésiants,l’unicité du flocon de neige, il peut même tente de nous faire croire que letexte que nous lisons n’est pas de lui mais d’un certain S. K. Caplan, mort àBogota en 97, auteur américain de cet unique roman… La fin du livre offred’ailleurs un retournement, un déboîtement singulier, auquel on n’est pas forcéd’adhérer, tant la réussite du livre tient dans la magie de son écriture.
Roman de l’oubli et de ladouleur, de la quête sans objet et de l’impossible cristallin, traversé par desexplosions, des horreurs, des compassions, des perditions – mais aussi etsurtout roman des visions et des disparitions. Il y est question d’une ampoulequi ne s’est pas éteinte depuis un siècle, d’une femme qui capte directementdans son cerveau les hymnes de la propagande, d’un gamin qui détrousse lescadavres pour se gorger de morphine, d’enterrement prématuré…
Une petite merveille venue d’Andalousie,par un des tenants les plus prometteurs de la nouvelle garde espagnole. Onattend avec impatience, donc, la traduction de son premier roman, Boxeo sobre hielo.
http://towardgrace.blogspot.com/2012/02/sandoval-en-route-vers-lether.html

lunes, 9 de enero de 2012

Le voleur de morphine, en el diario Libération


DANS LES BRAS DE MORPHINE
Le Voleur de morphine se présente comme la traduction de The Morphine Thief, un livre qu’aurait écrit Samuel Kurt Caplan, «artiste plasticien et écrivain nord-américain» né en 1921 et «pionnier de l’art infographique». Mais c’est bel et bien un roman de Mario Cuenca Sandoval, professeur de philosophie à Cordoue né en 1975 et dont c’est la première œuvre traduite en français. Il a cette phrase en épigraphe : «Cette histoire est une mouche dans la bouche d’un caméléon/ et un caméléon dans la bouche d’un serpent/ et un serpent dans la bouche d’une grotte.» «Cette histoire» est celle d’une guerre, celle de Corée, mais ambitionne manifestement d’être celle de toute guerre où sont égarés des soldats américains.
La guerre serait ce caméléon qui aurait investi le moindre recoin de la vie pour devenir la vie elle-même. Le soldat américain Bentley le Maigre et son collègue colombien Wilson Reyes, les époux Goh et le jeune voleur de morphine ainsi que «Bentley le Flocon de neige» à une époque antérieure sont les personnages principaux mais secondaires d’un récit et d’événements qui les dépassent, une sorte de saga miteuse et épique qui est donc la guerre. Le Voleur de morphine est un roman d’aventures dont les états de conscience sont les héros. La guerre est plus que la réalité, elle est aussi une réalité parallèle. Il se trouve que «ce conflit en cachait un autre, un combat halluciné où les Jaunes armés de baïonnettes archaïques et aveuglés par l’opium attaquaient les bunkers, et où les Américains grisés d’herbe les accueillaient avec des rafales de balles». D’autant que Bentley le Maigre a depuis l’enfance un sens très particulier de l’interprétation. «Je pensais que la Bible peut être lue comme s’il n’existait pas d’autre monde maudit que celui-ci, comme si elle ne faisait pas allusion à l’au-delà, mais à notre univers. Je croyais que le salut et la condamnation étaient des concepts psychologiques, des états de conscience ; que les anges et les démons étaient les alliés et les rivaux de notre bonheur, rien de plus.»
«Un pouvoir de persuasion vipérin» : c’est ce que possède un tract des «Jaunes» dont Bentley le Maigre et Reyes ne déchiffrent pourtant que le dessin. Mais c’est ce qu’a aussi l’œuvre d’Edgar Allan Poe qui réunit les deux soldats, et en particulier la nouvelle «l’Enterrement prématuré». Qu’est-ce que la guerre sinon l’enterrement prématuré de ses participants ? Quelle langue y parle-t-on ? «Quel langage peuvent bien partager des ennemis qui vivent dans des pays différents et rivaux et ne s’expriment pas de la même manière ?» La morphine en est un quand survient une aide inespérée. «En une seconde à peine, les muscles de ton visage se sont relâchés, tes paupières se sont fermées et tes tremblements ont cessé. Où vont les tremblements quand ils partent ?» Il faut compter avec «la sainteté des opiacés». La fièvre bouleverse toute rationalité, comme quand on agite une boîte et que tout se retrouve sens dessus dessous. «C’est ce qui arrivait aux mots prisonniers de la fièvre qui les secouait comme des couverts, les bousculait, les faisait reluire. Certains restaient à leur place et d’autres changeaient de sens pour devenir éblouissants. La fièvre agissait ainsi sur les mots. La fièvre aurait dû être un sujet d’étude pour les grammairiens et non pour les médecins.» C’en est un pour Mario Cuenca Sandoval. La guerre est un «sujet d’étude» pour les romanciers. Elle est un sujet de fiction et de réalité. «On livrait une autre guerre dans nos poumons. Une guerre menée par des ennemis minuscules. La guerre était devenue un virus, ou vice-versa.» Les mots peuvent être le contrepoison.
Face aux «Orientaux désorientés», les Occidentaux sont à l’ouest. Toute identité est difficile à tenir. Il y a beaucoup de photos dans le Voleur de morphine, celles de très jeunes gens nus prises en pleine guerre et celles de Bentley le Flocon de neige qui s’obstinait jadis à vouloir prouver que deux flocons pouvaient être identiques. Ce sont toutefois les mots qui comptent. «La mémoire dispose de filets d’images et de paroles, mais au bout du compte, c’est toujours dans le rets des mots qu’on remonte des profondeurs les animaux les plus impressionnants.» «J’ai inventé des histoires de compassion car la pitié devrait avoir sa place là-dedans. J’ai écrit des fictions, si toutefois la compassion n’est pas à elle seule un récit de fiction», dit «le traducteur» qui ajoute : «Ces histoires tronquées devaient déboucher sur une grotte qui aurait été le trou d’évacuation du récit ; les histoires fonctionnent ainsi, Reyes, elles ne finissent pas mais se perdent, sont capturées. Toute histoire se conclut sur un abandon, le reste, c’est de la falsification, de la littérature.» C’était déjà une leçon de la morphine quand, sous son emprise, disparaît toute gravité. «Les choses qui pèsent sur le cœur et sur la terre, l’inquiétude et la matière ne sont-elles qu’une seule et même réalité ?» MATHIEU LINDON

lunes, 28 de noviembre de 2011

El ladrón de morfina, según José Alberto Arias


Hacía tiempo que no me enamoraba de un libro. Comencé a leer esta novela porque conozco a Mario, ya había leído Boxeo sobre hielo, su primera novela publicada, y en su momento me dejó muy convencido. Así, hasta ahora no he podido (por tiempo principalmente) leer su segunda incursión en la novela.
De entrada, Cuenca Sandoval llega a una nueva editorial, 451 editores, tras su paso por Berenice, y lo hace con fuerza. Mario nos lleva a la guerra, pero también nos lleva a la poesía, a la literatura.
Partamos de una ficción metaliteraria: Mario Cuenca Sandoval es sólo el traductor de esta novela, Le voleur de morphine, escrita por un tal Samuel Kurt Caplan, escritor y veterano de la guerra coreana. Por tanto, el narrador ha vivido la guerra, pero la transforma en la poesía de la que antes hablaba.
El ladrón de morfina es un triángulo con tres vértices principales, tres personajes a cada cual más extraño: el colombiano Wilson Reyes, el americano Flaco Bentley y el teniente Caplan. Los tres viven la guerra a su modo, y entre todos se dibuja la figura de un cuarto personaje, esbozo de todo lo que significa esa guerra: el ladrón de morfina.
Partimos, pues, de un terreno peliagudo y árido como es la guerra, pero tanto los personajes como Caplan, el narrador, ofrecen una visión alternativa de los horrores de la guerra, a veces desdibujada, las más alucinada por la droga, el alcohol o la fiebre. Droga y enfermedad, dos mapas para que el hombre sobreviva a la guerra.
Las obsesiones de un personaje se convierten en las obsesiones de los demás, ya que cada uno adopta la piel del otro y viceversa en este juego perverso donde tienen cabida prostitución, pederastia y otros fantasmas del ser humano. Junto a estos personajes se dan cabida mil vidas, unas a kilómetros de distancia, otras dentro, otras en la misma habitación o en otro tiempo, vidas que acaban de conformar el mosaico de horrores y errores humanos.
Como digo, cabe destacar la mirada poética que arroja al mundo Cuenca Sandoval, como si la forma y el fondo debieran tener necesariamente este contraste. Mientras leía, no podía sino pensar en otro autor que juega con el lenguaje y la filosofía en todas sus obras: Ricardo Menéndez Salmón. También, cómo no, por la estructura cinematográfica del relato, con escenas aisladas de cada hilo que se suceden in crescendo hasta un desenlace donde sólo podemos esperar, como lectores, la muerte. Aunque los ángeles no pueden morir.
Las citas de la novela se encuentran al final, no al principio, y abarcan desde el cine antibélico de Malick hasta una canción de los siempre alucinados Radiohead. Se encuentra ahí también, cómo no, Conrad (¿acaso alguien pensó que el nombre del narrador era casual?), aunque la literatura que sobrevuela todo el relato es la del maestro gótico de Boston. "El entierro prematuro" y "La herencia del Señor Valdemar" son dos hilos en torno a los cuales planea toda la narración.
En definitiva, El ladrón de morfina supone la total consagración como narrador de Mario Cuenca Sandoval, una novela donde confluyen lo mejor y lo peor, la literatura y la vida, la distorsión con la que el hombre trata de aprehender el mundo.
Así empieza...

domingo, 23 de octubre de 2011

Le Voleur de Morphine


Cubierta de la edición francesa de El ladrón de morfina. Publica Passage du Nord-Ouest. Traduce Isabelle Gugnon. Disponible a partir del 5 de enero de 2012.

jueves, 21 de abril de 2011

El ladrón de morfina, según Ariadna G. García


Del blog Latormentaneunvaso

En el año 2006 la editorial Berenice, que tiene el gusto y el acierto de apostar por autores, a su vez, arriesgados, periféricos e innovadores, publicaba la primera novela de un narrador nato, de un amante de la literatura que escoge, con delicadeza e intuición, las mejores imágenes de su productiva cosecha para ofrecernos libros evocadores, reflexivos y de gran belleza plástica. Mario Cuenca Sandoval se estrenaba en el arte de la prosa con Boxeo sobre hielo, una novela a trazos, a golpes de escritura que impactan en el cuerpo de la historia de sus protagonistas dejando moratones en las páginas, es decir, pequeñas extensiones de amargura, frustración y desencanto. Ya en aquel libro, Cuenca trataba algunas obsesiones que aparecen en su última obra: la violencia, el uso de narcóticos, la pederastia, el sueño; y nos mostraba una forma distinta de relatar, variando las voces, las perspectivas, ramificando las tramas, simultaneando las coordenadas del espacio-tiempo, en la estela, entre otros volúmenes, de Señas de identidad, de Juan Goytisolo. La novela, que narra a ganchos, a directos, la vida de Miguel, El Loco, Larretxi (un violento y laureado boxeador de los años 60), de su esposa (una famosa y anárquica pianista) y del hijo de ambos, obtuvo el Premio Andalucía Joven de Narrativa, compuesto por Javier Hernández, Eduardo Jordá e Hipólito G. Navarro.
En Boxeo sobre hielo los distintos narradores dan musculatura discursiva a personajes fronterizos, complejos, hundidos o encumbrados por la dura relatividad de una mirada, de su lente plana, cóncava o convexa. Llama la atención, también, el cuidadoso empleo de las imágenes, que, como boyas en el mar, iluminan la obra, son como fogonazos que nos alertan de un motivo que requiere meditación y análisis: “Nuestro explorador estaba persuadido de la existencia de primitivas vías abiertas en los mares. Pero el agua arrasa siempre los surcos que los hombres dibujan. A diferencia del recorrido terrestre, la navegación no deja huellas. La espuma oceánica se las lleva a una forma suprema del olvido que se agazapa en el fondo de las aguas” (pág. 45).
En el espléndido Ladrón de morfina, Mario Cuenca Sandoval endulza este lenguaje poético, en violento contraste con el trasfondo bélico del libro. No en vano, el autor es, además, un distinguido poeta galardonado con premios: el Surcos, por Todos los miedos (2005); y el Vicente Nuñez, por El libro de los hundidos (2006). Valga como ejemplo cuando el narrador, a propósito de la obsesión por la caducidad y por las excepciones en la naturaleza que padece Wilson A. Bantley, soldado raso del ejército de los EEUU durante la Guerra de Corea, escribe sobre la nieve: “Le duele tanta belleza desperdiciada […] No es el primer hombre que se ha sentido así, perplejo ante la fugacidad de las cosas, perplejo ante el carácter único y evanescente de cada uno de esos copos de nieve […] Dios debe de invertir buena parte de la eternidad en el diseño de estos minúsculos regalos silenciosos […] Todos tienen la forma de una estrella de seis puntas. Incluso Dios se pliega a un patrón, porque la ley natural les ordena a todos ser iguales y ser distintos al mismo tiempo” (Págs. 170-172). Las novelas de Cuenca Sandoval, como esos cristales de frío, son en parte gemelas y en parte diferentes.
El Ladrón de morfina, al igual que El Quijote, remota el tópico literario del manuscrito encontrado. La autoría de la obra se atribuye a Samuel Kurt Kaplan, veterano de la guerra coreana. El libro se estructura en función de sus personajes protagonistas (el Flaco Bantley, el matrimonio Goh, Wilson Reyes y el teniente Caplan) y tiene cinco partes que no son, sin embargo, compartimentos estancos, sino que están trenzadas. El libro, en ocasiones, establece un diálogo meta-literario con algunos relatos de Edgar Allan Poe, en concreto, con dos: El extraño caso del Señor Valdemar y El entierro prematuro. Cuenca establece un par de niveles de conciencia en la mente de sus criaturas: la conciencia normal y la vigilia, ya sea inducida por el uso de drogas (marihuana, opio, morfina, alcohol) o por una patología de las que produce la guerra (estupor, terror, fiebre). Esta fascinación por el buceo introspectivo permite a Mario Cuenca acceder a la pulpa del inconsciente humano, a los recovecos de la personalidad, al límite acuoso entre la vida y la muerte. En cierto sentido, el Ladrón de morfina no dista demasiado de la película Cisne negro.
Escrito con una prosa ágil y de alta capacidad evocadora, el libro recoge la experiencia militar de varios soldados, todos ellos singulares, extraños invitados a una guerra que habrá de confundirlos, de enajenarlos, hasta olvidar sus nombres; y de una humilde y compasiva familia coreana, a la que el napalm no ha arrasado la grandeza de corazón ni la caridad.
Mario Cuenca Sandoval ha escrito un impecable libro de acción bélica, rasgado por una fina aguja de lirismo. La edición de 451 es preciosa e incluye varias ilustraciones impactantes. Esperemos que Mario finalice pronto su tercera novela. Hasta entonces habrá que conformarse con releer fragmentos, pero qué fragmentos: “Había que detener la hemorragia. Había que detener el derrame del ángel. Había que rasgarse el pantalón y usarlo como venda. La vida era líquida. La vida goteaba sobre la nieve. Vio su vida goteando sobre la nieve y pensó que no era suya, que no podía serlo” (Pág. 72).

lunes, 21 de febrero de 2011

El ladrón de morfina en el blog Irreverentes


CONTINUUM CARNAVAL: Y ahora tengo mono de morfina
por Mac Inculking




Todo viene porque he terminado la novela titulada El ladrón de morfina.
Y me han gustado mucho los tres: Mario, Cuenca y Sandoval.

Quiero decir que a ciencia cierta no sé bien quién lo ha escrito, y eso es algo que debería quedar claro, para lo bueno y para lo malo, y para la SGAE. Resulta que cuando abres la primera página te dice, además, que es una traducción, que el libro está escrito por otro, un americano de Vermont, Nueva Inglaterra, que le tuvo ley a la guerra de Corea, y a los dibujos en Ascii, y que no se sabe qué buscaba en Colombia, donde vino a morir, y que a su vez pudo haber sido descendiente de otro que se llamaba como él, Caplan, pero de mote Copo de nieve (aunque no era una oveja), y que se pasó la vida entera echándole fotos a sus homónimos para comprobar que no había ninguno repetido, y confirmó al final que no, lo mismo que el otro Caplan, el de la guerra, se confundía de coreanos comunistas, seguramente distintos, pero que se repetían y repetían en oleadas sucesivas, como si siempre fueran los mismos. Pero no.

El siguiente lío en que uno se ve es el de los personajes. Que también son tres, como Mario, Cuenca y Sandoval, pero sin llegar a constituir grupo cómico, porque aquí, en la guerra y en el libro, nada es cómico. Que podría haberlo sido.
Estos son los tres: el flaco Bentley es un granjero idiota de Vermont, Nueva Inglaterra (les suena ya, seguro), que no sabe más que de patatas y de asesinatos de pulgones; Wilson Reyes es colombiano, pero alto como un cíclope y pelirrojo, o sea, como todos los colombianos; el último es el teniente Caplan, militar experto en dibujar tanques con equis y rayas y ceros de su máquina de escribir. Tres eran tres en medio de la guerra, pero ninguno muy ducho en eso que (suponemos) es la guerra como dios manda. Parecería el arranque de una historia desopilante a la berlanguiana, un artefacto entre esperpéntico y lúdico para poner en solfa el digno arte de la guerra, con su mala prensa y sus millones de atropellos. Pero no.


La cosa se complica cuando empiezan a aparecer diversas escenas que no se desarrollan en Corea, ni en guerra ninguna, ni en Colombia, ni en el Chichinabo ni en Potatoes fields forever. El libro también habla mucho de morfina. Demasiado para estos tiempos de fiebre neocón. Todos los soldados en el frente llevan un pack de dos tubos cargados y listos para aplicar. Pero el ladrón prometido no aparece aún. Luego el libro habla de aquel investigador americano de un pueblo de Vermont, Nueva Inglaterra, que se hizo viejo eremita de los copos, y los fotografió por miles, y tuvo el reconocimiento que cabía esperar de su labor de toda una vida: o sea, ninguno. Y se habla de una parejita de coreanos venerables que son la familia Goh, y de su nieto, y de los tugurios de la ciudad donde se ofrecen cuerpos tiernos a buen precio y por horas. Y sobre todo se habla de Poe, ¡cómo se habla de Poe! Se habla y se vuelve a hablar, tanto que en un momento dado uno se pregunta si acaso no será Poe el cuarto autor, o si en un último giro inesperado Poe se revelará como el auténtico ladrón de morfina, y nos saciará la sed de saber. Pero no.

Y sepan que yo no voy a resolverles ninguno de estos enigmas tan afectos al número tres. De lo que yo quiero hablarles es del efecto morfina, pura y simplemente, de esa experiencia que guarda la novela para una mente debidamente predispuesta. El efecto se muestra desde el principio en una historia que empieza así:


El Flaco, cayendo a través de la noche, cayendo en oblicuo como una jabalina que va rasgando la oscuridad, miraba a su alrededor como hipnotizado por los brillos de las detonaciones y del fuego antiaéreo y por el estrépito del viento en los oídos, y le parecía que aquella constelación de ruidos tenía un sentido intencionado, le parecía pura música, una partitura en la que las explosiones hacían las veces de la percusión.


Una historia que arranca en una caída desde el cielo, en la que la terrible experiencia de la guerra es música, y eso, me parece a mí, es una imagen muy desconcertante. Sí, ha empezado todo. Las imágenes desde esa primera línea son así, siempre: inesperadas. A veces son demoledoras, a veces de una ternura no apta para paladares toscos. Y la novela toda multiplica página a página su efecto desconcertante, su atracción taumatúrgica, hasta que va engullendo al lector y acaba poniéndolo ahí, en medio de una experiencia extraña, impredecible, dolorosa y sin embargo, fascinante. Es la guerra. Pero es también la vida. Y el amor. Y el absurdo. Observen que la novela acaba así:

Un mundo en el que la belleza es veneno y los venenos pueden salvarte. El mundo está al revés, pensamos. Al mundo le han dado la vuelta, pensamos. Y luego seguimos descendiendo la ladera, camino del mar, o camino de otras perplejidades.


O sea, que cuando estamos a punto de abandonar la experiencia, nos encontramos con que la novela le ha dado la vuelta a todo. Ahora que hemos visto el mundo desde dentro de la narración, entendemos que las perplejidades nos acompañarán siempre. Es un cierre redondo, como se ve, en acabado retruécano: si al principio cae el soldado, y la guerra (lo artificial) le parece música, ahora cae ladera abajo el teniente y entiende que la belleza (la naturaleza) ha sido la muerte. Así de bien explicado.

Lo que queda entre un extremo y el otro, apenas 200 páginas de un abigarramiento intelectual y sensual que aturde, eso es el efecto morfina.

Provoca posteriormente estados carenciales conocidos vulgarmente con el nombre de mono, pero no les aconsejo dejar de probarlo.

Todavía no está prohibido.





El ladrón de morfina, de Mario Cuenca Sandoval (Eds. 451, 2010) ha sido elegida como una de las 10 mejores novelas del año por la revista Quimera. Creo que se quedan cortos.

lunes, 17 de enero de 2011

El ladrón de morfina, según Jorge Díaz Martínez



del blog Strip Garden Poetry

"Todavía me queda menos de un tercio de libro, y no tengo ninguna prisa por acabar de leerlo. Hace tiempo que me libré de ese vicio infantil que devoraba novelas con ansiosa fruición hasta arrancarle el silencio a su última y orgásmica hoja. Ya sabéis de lo que hablo, cuando la novela era buena, después de ese punto y final sucedía una inevitable mezcla de satisfacción y, bueno, melancolía: la de saber que no podríamos volver a revivir el disfrute ingenuo y primitivo de la lectura virgen. Un temor parecido es el que me hace ahora espaciar la lectura de El ladrón de morfina y alternarlo inevitablemente con otras lecturas -otra sarna con gusto de la que jamás me libraré- o retrasar su avance en las franjas vacías de la agenda cotidiana. Y no porque tema su colofón. A estas alturas ya intuyo que ésta es una de esas rayuelas que no tiene final, precisamente porque su adicción no reside tanto en la anécdota -a pesar de la elegante administración del suspense con que nos deleita Mario Cuenca Sandoval- como en el vaho que empaña la retina de sus protagonistas. Ese cristal fotográfico, opiáceo y subterráneo. Esa conjunción de rojo, blanco y negro, que da la nieve, la sangre y la amapola. La certeza de que nuestros humores se derriten y es una locura -bella, pero locura- intentar rescatarlos mediante obturadores o teclados, de que la verdad planea entre la imaginación y la materia sin hacer en ningún árbol su nido.
No hace mucho, a propósito de un reportaje, el autor bromeaba sobre su inclusión en una lista de autores nocilleros. La verdad es que no tengo muy fresca la lectura de Nocilla dream, pero puestos a buscar afinidades algunas saltan a la vista: ambas juegan a la oca con las elipsis engarzadas, ambas revuelven el puzzle caleidoscópico, ambas comparten un marco global y más o menos contemporáneo, ambas destripan el monólogo interior de sus protagonistas, lo condimentan y lo confunden exquisitamente. Yo apreciaría, además, el gusto por un tempo moderato y el enciclopedismo tanto cientificista como pop. Y también la transparencia narratológica. Vamos, que sí. Pero también diferencias, en El ladrón de morfina hay menos disgregación y menos trama, y es en esa mayor saturación de la sustancia donde se hace posible espesar, ahondar, embriagarse, sumirse y suministrarse cuantas dosis apetezcan a nuestra voluntad. Yo lo consumo con moderación, como buen gourmet.

lunes, 27 de diciembre de 2010

El ladrón de morfina, según Luis Gámez


Cayendo en paracaídas sobre Mario Cuenca Sandoval

(una aproximación oblicua a El ladrón de morfina)


Revista Quimera, diciembre de 2010


Guerra, tiempo, realidad, ficción


El ladrón de morfina, ha declarado su autor, no es una novela sobre la guerra; es una novela en la guerra. De hecho, es una novela sobre la guerra, en la guerra y por debajo de ella. Un tipo especial de relato bélico. La guerra se torna escenario simbólico, pretexto para el texto (piensen en Arco Iris de gravedad, Los pichiciegos o Soldados de Salamina).

¿Por qué Corea? En nuestro país las referencias más cercanas a este conflicto serían MASH, la película de Altman basada en la novela de Hooker y la posterior teleserie, y The Manchurian Candidate, novela de Condon adaptada a la gran pantalla por Frankenheimer. Ambas aproximaciones a la guerra de Corea, como demuestran sus géneros respectivos, tampoco son, exactamente, relatos bélicos. En el caso de El ladrón de morfina, el aparente anacronismo que acompaña a la imprevisible elección de lugar, se corresponde con una necesaria estrategia de enajenación, reflexiva y que empuja al lector hacia la reflexión, no sólo sobre la guerra, que también, sino sobre otros muchos temas. Una versión reciente de The Manchurian Candidate resitúa la acción en Oriente Medio. En relación con esto, Cuenca ha llegado a decir que en muchos aspectos no hubiera importado que la acción de su novela se situase en Afganistán o Vietnam.

En algún otro lugar, el autor ha llegado a declarar que el realismo es el auténtico mal de la novelística española, pero a pesar de esto podemos considerar su obra como realista. Su lenguaje lo es. Las obsesiones e inquietudes que mueven sus historias lo son.

De todos modos, esto no es relevante. MASH, la teleserie, llegó a durar más que el propio conflicto de Corea. Sin correspondencia con la realidad, supo crear su propio fluir temporal, verosímil a pesar de no adecuarse a la realidad en la que se inspiraba. En el caso de El ladrón de morfina, su verdadero autor se nos presenta como traductor, en la larga tradición del manuscrito encontrado, para permitir que el lector se enfrente al relato sin el prejuicio de la distancia.


Hielo, luz y oscuridad, arriba y abajo


En su primer libro, el poemario Todos los miedos, Cuenca titula un texto «Miedo a volverse de hielo». En su primera novela, Boxeo sobre hielo, ya en el título encontramos esa contraposición entre la fragilidad del hielo y la tensión de la lucha, y además la acción del relato comienza en la Noruega de los fiordos helados y la historia del explorador Amundsen, a la conquista del Polo Sur, adquiere gran valor en la comprensión del argumento principal. En El ladrón de morfina uno de los personajes fotografía compulsivamente copos de nieve. En Guerra del Fin del Sueño podemos leer el poema «Hielo»: «En algún lugar existe / una ciudad idéntica a la tuya / aunque esculpida en hielo / donde tu corazón refleja todas las preguntas / Una vez fuiste allí / Ahora en la claridad / de la casa demasiado encendida / comprendes / que solo fuiste dueño de la sabiduría / cuando te limitabas a mirar».

Esa misma casa, luminosa, en la que Cuenca decidió fundar su escritura, aparece en otra parte del mismo libro. «Suicide Blonde»: «Ya no seré una estrella del deseo / por haber escogido de esta manera luminosa / vivir bajo esta luz / apolínea y fatal / de la casa encendida / de la casa demasiado encendida / Aunque / por otra parte / la levedad tal vez nos salve nunca».

En El ladrón de morfina hay un símbolo perfecto de esta luz apolínea que la realidad ha prestado a la fértil imaginación del autor: una bombilla que ha permanecido encendida más de cien años. En el libro ilumina la oscuridad de un túnel en medio de la nada que es la guerra.

La estructura de la novela está relacionada con los movimientos de ascenso y caída. También esto es una constante en la obra de Cuenca. En Boxeo sobre hielo la cita inicial de Schopenhauer decía: «¿Quién puede ascender y callar?» y luego sería integrada en el relato para justificar la propia labor de escritura: «Pero cómo estructurar en un arco de sentido, o al menos en varios escalones de sentido, lo que simplemente suma experiencia y desorden. ¿Hay acaso una historia detrás de las historias? Si la hay, debiera encabezarse con una cita de Heráclito: “El camino hacia arriba y hacia abajo son el mismo camino”. No obstante, he recordado un detalle que recoge Safranski, cuando da noticia de que a los pies del monte Schneekoppe, en el cuaderno de visitas de la cabaña en que se guarecían los montañeros, se encontró la firma del joven Arthur Schopenhauer debajo del siguiente interrogante, escrito de su puño y letra: “¿Quien puede ascender y callar?”».


Droga, sueño, sexo, subconsciente


La ética de la caída y la lucidez del narrador tienen su reflejo en la visión alucinada de los personajes. En Boxeo sobre hielo el narrador se descubrirá en los límites de la enfermedad mental y uno de los personajes, al que se conoce como el Loco Larretxi, asistirá al nacimiento del Manifiesto Psiconauta. Alguien ha mencionado, en relación a El ladrón de morfina, la ascendencia de Burroughs en el tratamiento del cuerpo y sus goces, el sexo, la embriaguez, en medio del horror de la guerra. Sin embargo, el uso que Cuenca hace de la droga en su obra guarda mayor relación con las ideas de Leary o Huxley. Nunca es el fin, sino el camino que se recorre hasta un punto más allá de la realidad. Moldea esa realidad y otorga a los personajes raros momentos de extrema clarividencia, lucidez y calma. Paz en medio de la guerra.

Aquí el autor demuestra su preocupación por justificar su propia labor, su anhelo de ordenar el caos del mundo. Esto explica el empeño del fotógrafo por comprobar si no existen dos copos iguales, a pesar de la futilidad del gesto, o la creación de la identidad a través de las necesidades que el medio nos impone. Todas son imágenes de la escritura, que al fin y al cabo es una simbolización de la vida.

Especialmente significativo es el comienzo de la novela, en el que el estrépito de la guerra es percibido como música. El colmo de la intervención en la naturaleza hostil a través del orden del arte. Cayendo sobre la guerra, al Flaco Bentley «le parecía que aquella constelación de ruidos tenía un sentido intencionado, le parecía pura música, una partitura».


Poe, Conrad-Coppola, Malick


En El entierro prematuro el narrador relata su miedo a ser enterrado en vida debido a la catalepsia, enfermedad por la que sufre inesperados estados de inconsciencia. En su última obra, Cuenca ha conseguido dar un sentido nuevo a este miedo antiguo. Revelándose como un lector especialmente atento, ha identificado el núcleo de este miedo atávico para reescribirlo. La guerra es un entierro prematuro. En la guerra uno no lucha por su vida, sino para morir. En la novela se habla de las fuerzas chinas como un ejército de zombis idénticos que se reemplazan a sí mismos continuamente. Doppelganger, dobles malignos, por millares. Como en El corazón de las tinieblas, de Conrad, el personaje prematuramente enterrado, literal y metafóricamente, incapaz de huir o elevarse, se enterrará aún más profundo en la oscuridad de su propio corazón.

El personaje conradiano de Cuenca está en medio de la guerra, como el de Apocalipse Now, la adaptación de Coppola de El corazón de las tinieblas, y es aún más siniestro, determinante, si cabe. Sólo al leer la novela podrán entender hasta qué punto maneja los hilos de la trama.

En Conrad el poder devastador de la naturaleza apenas era verbalizado y Coppola prácticamente lo anuló para concentrarse en el poder devastador de la voluntad humana. Malick, que comparte con Cuenca no sólo una sensibilidad privilegiada, sino también una profunda formación filosófica, devolvió la centralidad a este conflicto de la orgullosa Naturaleza y la voluntad implacable del hombre en una película bélica, La delgada línea roja, de la que podemos decir, como de El ladrón de morfina, que la guerra apenas es el pretexto necesario.


martes, 9 de noviembre de 2010

El ladrón de morfina, según Wilhelm Kay


El hombrecito se llama Wilson A. Bentley. No es idiota. Para él, la nieve es un desperdicio, belleza malgastada por la naturaleza. Le duele tanta belleza desperdiciada. La recoge.

Mario Cuenca Sandoval, El ladrón de morfina



Si vas a la guerra, lo más terrible que te puede pasar es que, al volver, tu novia se haya convertido en una repelente jipi comeflores, que se dedique al amor libre y al folleteo por doquiera mientras tú has perdido los cojones entre chinitos. Esto no sucede en la novela que quería apuntar aquí, pero se me ha ocurrido a mí, que nunca he estado en la guerra, pero vivo en Saigón, que es parecido. De hecho, vivo encerrado con una máquina de escribir, como el Flaco Bentley, uno de los personajacos de El ladrón de morfina, la novelaca que ha escrito Mario Cuenca Sandoval. Lo primero que he pensado al abrir el libro es: ¿por qué ponen al traductor como autor? Y a partir de ahí, todo son sorpresas, piruetas del narrador y síndrome de abstinencia; el que provoca cerrar este libro antes de terminarlo. Hoy apenas he hecho caso al cerdo por culpa de El ladrón de morfina. La edición, de 451, es bella como un copo de nieve. Recuerdo El siglo de la heroína, ed. Melusina, y celebro (sin golpear las copas muy fuerte, en bajito) los opiáceos, y brindo por aquellos adictos que eran hombres. Las drogas son muy malas, excepto cuando te han disparado munición de guerra. Figurada y literalmente, en esta novela hay luz al final del túnel: un horizonte de belleza detrás de las bombas y la cortina naranja que chorrea de los aviones americanos, y una bombilla de tungsteno que dura una eternidad.

En Matadero 5, pequeñas biblias de acero acompañan a los soldados. En El ladrón de morfina, Poe. Por si nadie se había dado cuenta, POE se pronuncia igual que POW (prisoner of war).


jueves, 16 de septiembre de 2010

El ladrón de morfina, según Jesús Andrés


El ladrón de morfina [1] no es exactamente una novela dentro de otra novela dentro de otra novela. Sino, además, una novela, conectada a otra novela, conectada a otra novela. Dentro no, al lado. Es un relato para embriagarse. “Il faut être toujours ivre” [...] “De vino, de poesía o de virtud, a vuestro antojo” [2], escribe Charles Baudelaire en Petits Poëmes en Prose o Le Spleen de Paris. De literatura o de morfina, elijan ustedes.

El germen de la posmodernidad está en la misma modernidad. Es su estado latente en palabras de Lyotard [3]. Los desastres de las guerras mediado el siglo XX acaban de romper la frágil cáscara que envolvía la enciclopedia. La novela de Sandoval se manifiesta como un manuscrito encontrado, escrito por otro. Como si fuera un manuscrito hallado en una botella [4]. Estrategia que da como resultado el alejamiento entre el autor y el lector, pero en este caso sin ningún Kinebote [5] interfiriendo el relato. Y en lugar de continuar por el camino del juego de muñecas rusas que tanto ha utilizado Paul Auster, sigue por una vía rizomática. Sandoval, va desgranando página tras página de espléndida narrativa, con un continuo flujo de pequeños éxtasis que el lector ascenderá como un salmón contracorriente. Remansos y saltos se suceden. Pero esa querencia rizomática, pervertirá la tendencia y el lector se adentrará en corrientes subterráneas y remolinos que lo harán reaparecer con nuevas perspectivas del paisaje. Los personajes, como las personas, son siempre distintos a la manera copos de nieve. No es un ejemplo al azar, el coleccionista de nieve es una pieza clave del relato. El coleccionismo tiene afán por lo diferente en lugar de por lo igual. Los copos, como los humanos, siguen un patrón y sin embargo son todos diferentes. Son semejantes, pero no iguales. Diferencias que la cultura a veces ahonda y otras no existen por más que las guerras se empeñen en ello. Es una lástima aterradora que el siglo XX buscase y hallase devastadores hongos reales en lugar de dedicarse a paradisíacos e inmunes hongos de ficción. En la brecha entre realidad y ficción, el autor coloca palabras que se expanden como agua al congelarse, tendiendo puentes entre ficciones inventadas y ficciones reales.

El coleccionista de copos de nieve, obsesionado por la inaprensible imagen que se derrite ante sus ojos, toma ayuda prestada de la fotografía para transmutar lo efímero en eterno. Como el pintor de la vida moderna. Como Nadar fijó el rostro de Baudelaire. Como hacen el escritor real y el de ficción con la máquina de escribir. Pincel, cámara, máquina de escribir o jeringuilla son extensiones de la mano, tecnologías que Sandoval pone al servicio del relato.

Poe será el compañero de viaje de uno de los personajes. En la maleta de Poe irán, sus propias historias, el láudano y Baudelaire pugnando por salir. En la novela los personajes, aficionados a la morfina, no buscan un paraíso, sino dejar de sentir la tierra, el dolor, la guerra. Es llamativo como al autor utiliza, en sus descripciones de la guerra, à rebours [6], destellos de simbolismo, en ese coqueteo con el entorno de Poe y Baudelaire. Como una imposible lluvia naranja en blanco y negro.

Sandoval, como un Sebald comedido, introduce figuras reales con sus delirios y últimos estertores indescifrables. No sabemos que significó la ultima palabra de Baudelaire. Ningún hermeneuta ha podido interpretarla. El escritor va añadiendo hitos al rizoma: la traducción, la interpretación, la comunicación sin palabras. El lector casi pasa a ser una nota al pie de texto en la historia tan bien manejada por el autor.

Las últimas páginas del libro sorprenderán, inadvertidamente girarán los puntos de vista, las flores del mal resonarán en los oídos, como correspondencias viajando en el tiempo. Baudelaire, profeta de la modernidad, también lo fue de la posmodernidad: “¿Qué vengas del Infierno o del Cielo, qué importa?" [7]. Una ambivalencia, que trajo algunos desmanes. Sandoval pertenece a una contemporaneidad crítica, abierta, contradictoria. Sabe que “la belleza mata” y que “el mundo estaba mal hecho”. Que “la belleza es veneno” y “que los venenos pueden salvarte”. El ladrón de morfina, es una extraña flor -L'âme du vin [8]- que puede salvarte. O al menos, negociar una salvación.



[1] Cuenca Sandoval, Mario. 2010. El ladrón de morfina.451editores. Madrid. 1ª Edición.

[2] Baudelaire, Charles. 1862. Pequeños poemas en prosa.

[3] Lyotard, Jean-François. 1986. La posmodernidad (explicada a los niños).

[4] Poe, Edgar Allan. 1833. Manuscrito hallado en una botella.

[5] Nabokov, Vladimir. 1962. Pálido fuego.

[6] Huysmans, Joris-Karl. 1884. À rebours.

[7] Baudelaire, Charles. 1857. Las flores del mal.

[8] Baudelaire, Charles. 1857. Las flores del mal.

miércoles, 7 de julio de 2010

El monumento al éter


El ladrón de morfina, libro III, cap. 4

la ruta del éter (i)

Deja que te hable de uno de los monumentos más extraños del mundo. Se encuentra en el Public Garden de Boston, muy cerca de Carver Street, la calle en que nació Edgar Allan Poe. Para llegar hasta él, accediendo al parque por Charles Street, tienes que cruzar un puente sobre un lago. Verás barquitas con forma de cisne deslizarse sobre las aguas, rompiendo el reflejo en las aguas de las ramas de los sauces. No es difícil imaginar allí, entre tales elementos románticos, un hipotético encuentro con Poe. Una vez rebasado el puente, dejarás a tu izquierda una estatua ecuestre de George Washington y otra de Thomas Cass, lo que seguramente traiga a tu pensamiento estampas de la Guerra Civil, y, al final, te hallarás frente al único monumento del mundo erigido a una droga. Se trata del Monumento al Éter, una fuente con cuatro cabezas de leones sobre la que descansa una torre, de cuatro pilares a su vez, coronada por una escultura. Si te fijas en los relieves del pedestal, descubrirás en ellos cuatro representaciones del triunfo de la ciencia sobre el dolor: hay una alegoría encaramada sobre tubos de ensayos y retortas; otro relieve muestra a un cirujano disponiéndose a amputar la pierna de un soldado que duerme plácidamente; el tercero, no recuerdo lo que representa; el cuarto representa al ángel de la piedad, que hace descender su gracia sobre un enfermo. Pero lo más interesante del grupo es la escultura que lo corona, tan alta que casi roza las ramas de un sauce próximo: se trata de la figura del buen samaritano sosteniendo en su regazo a un joven moribundo, sus brazos y su cabeza descolgados; una composición que recuerda inevitablemente a la Piedad de Miguel Ángel.

Poe no llegó a conocer esta construcción. Varios años antes de que se proyectara siquiera, intentó suicidarse ingiriendo láudano, un derivado del opio que combinaba con alcohol habitualmente, aunque su organismo rechazó la droga y le impidió ingerir, por los vómitos, la otra mitad del frasco. Falleció un año después de este incidente, pero sospecho que hubiera adorado este rincón de Boston, una ciudad que él detestaba, y hubiera convenido en la elección del buen samaritano como metáfora de la anestesia, de la compasión, del triunfo del hombre sobre siglos de gritos inhumanos en los quirófanos. En realidad, la elección del buen samaritano como motivo principal del monumento tiene una explicación más práctica: permitía eludir a sus patrocinadores la espinosa cuestión de quién fuera el verdadero inventor del éter anestésico, una sustancia con la que se venía experimentando desde hacía décadas y que la alta burguesía de Boston acostumbraba a utilizar como divertimento en celebraciones conocidas como fiestas de éter. Sucede en este caso como con el descubrimiento de la máquina de escribir: esta es el fruto de las investigaciones, del avance por grados de más de cincuenta inventores, y no de ningún genio individual. El éter, del mismo modo, es el resultado de décadas de intuiciones, plagios, tropiezos, colaboraciones y rivalidades, lo cual podría significar que no constituye, en realidad, un verdadero descubrimiento, sino un regalo de los dioses, un mensaje del cielo. ¿No crees?

martes, 8 de junio de 2010

El ladrón de morfina, según Matías Miguel Clemente

(Del blog: Degradante Tren Amnésico)


Poetas de sistema nervioso. No sé si hay alguna definición más precisa para cierto tipo de escritores. Tengo mis dudas de si es más una definición o una imagen definitiva. Creo que es una imagen, y es así porque un poeta para mostrar, describir, señalar, no puede sino basarse en una imagen. Poetas de sistema nervioso, de escalofrío que recorre principio y fin, como el latigazo de la red eléctrica de un tranvía, de martillazo en el suelo, que abre los pulmones por la vibración, de río que recorre una tierra sangrante de arriba abajo llevando consigo un elemento electrificante: un niño. Así debe ser el autor de El ladrón de morfina.

No he leído muchas novelas bélicas, de hecho no recuerdo ninguna, sin embargo uno, pensando en positivo, siempre se guarda el beneficio de su propia duda. Quizá no he leído ninguna y en ésta hay muchas. No lo sé, pero intuyo que en muchas de ellas existe el calor de las imágenes, el calor de las explosiones, el calor que producen las heridas, la descripción de las heridas, el calor de los gestos desesperados. Sin embargo hay algo en esta novela que no me atrevería a afirmar que existe en otras novelas del género: el frío chocante de la imagen, el aliento helado de algunos personajes, algo helado, digo, que va más allá del propio hielo y la nieve de la novela, más allá del frío descrito, algo más frío y más eléctrico que los copos en la herida, o en la lengua. Un frío que sólo se hace palpable cuando inunda al calor, ya no sé si me explico...sí, ya lo sé: como cuando en las antiguas fundiciones hacían pasar el hilo de un río cercano para meter los metales ardiendo, eso es. Un frío intenso de dientes producido por el calor bañado en la brutalidad del agua.

El sistema nervioso como emancipador y coladero al mismo tiempo de dos mundos: el subterráneo, reino de la embriaguez, la literatura, y la enseñanza salvaje, reino de las máquinas de escribir, de las luces inacabadas, de la locura, y al otro lado la tierra firme, la realidad más desorbitante, el mundo de la masacre, del escaparate de recursos para la locura ebria. El sistema nervioso recorrido por una sustancia opiácea que calma alrededor todos los músculos allá a donde llegan las ramificaciones del sistema; un río por el que desciende una píldora sugestiva y analgésica.

El ladrón de morfina pertenece a esa clase de novelas que permiten meter la cabeza, cerrar los ojos y dejar que las imágenes, los personajes, las situaciones le hagan a uno pensar aleatoriamente en un cuento, en un poema, en un cómic, en una película e incluso en ocasiones en un ballet. Su estructura, sus fragmentos, sus saltos son quizá el mayor de los personajes, el ser demiúrgico y fundacional, el señor que se adelanta un paso, que adelanta su poder, tapado como buen demiurgo. El señor que sólo se altera por lo incontrolable de la naturaleza, por un hecho fundacional, como decía, por un latigazo, por un calambre, por una dosis bañando el Leteo. Por un ángel sin alas.

En El ladrón de Morfina se establecen las prioridades de todos aquellos que no tienen ya nada que hacer, vivir junto a Poe, curar hasta la extenuación, amar por y hasta los delirios, golpearse los oídos, crear y dar vida, en definitiva agarrarse al hilo de la supervivencia. No hablo de estructuras, ni de fragmentarismo, ni de recursos ni influencias (ya he dicho que no he leído, creo, novelas bélicas), porque esto no es una reseña ni una crítica, sino apreciaciones de lector. Y así hablo del miedo que me han producido algunos pasajes de la novela, miedo a la radio, al sueño provocado, a la intemperie como es la intemperie. Así hablo de la imagen fotográfica, de la imagen del napalm incrustado en la piel de los niños corriendo. Así hablo de la aparición misteriosa de la música en la mente del lector, de la lentitud evasiva y provocada por la narración, del pálpito deductivo de las novelas bélicas (si es que lo tienen). Así hablo del calambrazo en el sistema nervioso, del efecto somnífero y tranquilizador del río, del niño y de su jugo opiáceo. Así hablo de los dos mundos que divide el río, la médula, la ordenada, y así hablo del otro plano que divide el niño, lo real y lo inventado, lo absciso.

Siempre he pensado en el carácter marcadamente fisiológico de algunas obras, ésta lo tiene, estremece en ocasiones y eso es comportamiento fisiológico, encogimiento, efecto astringente, el que producen los copos de nieve en la piel, el que produce la arcilla, la tierra en la piel, o un río que se crea conforme avanza. Narrador y poeta de sistema nervioso.

El ladrón de morfina. Mario Cuenca Sandoval. Edit. 451. 2010 Madrid.

Apreciaciones bajo la influencia de Sigur Ros

martes, 1 de junio de 2010

sábado, 22 de mayo de 2010

Embriagaos, de Charles Baudelaire


"Hay que estar siempre borracho. Todo consiste en eso: es la única cuestión. Para no sentir la carga horrible del Tiempo, que os rompe los hombros y os inclina hacia el suelo, tenéis que embriagaros sin tregua.

Pero ¿de qué? De vino, de poesía o de virtud, de lo que queráis. Pero embriagaos.

Y si alguna vez, en las gradas de un palacio, sobre la hierba verde de un foso, en la tristona soledad de vuestro cuarto, os despertáis, disminuida ya o disipada la embriaguez, preguntad al viento, a la ola, a la estrella, al ave, al reloj, a todo lo que huye, a todo lo que gime, a todo lo que rueda, a todo lo que canta, a todo lo que habla, preguntadle la hora que es; y el viento, la ola, la estrella, el ave, el reloj, os contestarán: «¡Es hora de emborracharse! Para no ser esclavos y mártires del Tiempo, embriagaos, embriagaos sin cesar. De vino, de poesía o de virtud; de lo que queráis." (de El Spleen de París)